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Sécurité électronique

Vidéosurveillance : dimensionner la rétention avant d'acheter l'enregistreur

La durée de conservation détermine le stockage, donc le budget. Comment la choisir à partir du délai réel de constatation d'un incident, et non l'inverse.

3 min de lectureENVERGURE CONSULTING SARL

C'est l'erreur la plus coûteuse d'un projet de vidéosurveillance : choisir l'enregistreur d'abord, découvrir ensuite que les images ne remontent qu'à quatre jours.

Le raisonnement correct part de la fin : combien de temps faut-il, en pratique, pour qu'un incident soit constaté chez vous ?

Le délai de constatation, seul point de départ valable

Un vol dans un stock inventorié chaque semaine se découvre au bout de sept jours. Une anomalie sur un site fermé le week-end et un jour férié peut n'apparaître qu'après quatre jours d'absence. Un différend commercial peut remonter deux semaines en arrière.

Prenez le délai le plus long parmi les scénarios que vous voulez réellement pouvoir traiter, et ajoutez une marge. C'est votre durée de rétention cible.

Une rétention inférieure à ce délai rend l'installation inutile précisément dans les cas où elle devait servir.

Ce qui consomme du stockage

Quatre paramètres, par ordre d'impact :

La résolution. Passer de 2 à 4 mégapixels multiplie approximativement par deux le volume produit. Une résolution élevée n'a d'intérêt que si le champ couvert le justifie : sur un couloir étroit, elle ne fait qu'user du disque.

Le nombre d'images par seconde. Beaucoup d'installations enregistrent en continu à 25 images par seconde. Pour de la surveillance de site, 8 à 12 suffisent presque toujours et divisent le volume de moitié.

Le mode d'enregistrement. L'enregistrement sur détection de mouvement réduit fortement le volume sur les zones peu fréquentées — mais donne un résultat trompeur sur une zone toujours animée, où il équivaut à un enregistrement continu.

Le nombre de caméras. Évident, mais souvent sous-estimé : chaque caméra ajoutée réduit d'autant la durée de rétention à stockage constant.

L'ordre des décisions

  1. Déterminer le délai de constatation → durée de rétention cible.
  2. Définir les champs à couvrir → nombre de caméras et résolution utile pour chacune.
  3. Choisir images par seconde et mode d'enregistrement par caméra, selon la zone.
  4. En déduire le volume de stockage nécessaire.
  5. Alors seulement, choisir l'enregistreur — en vérifiant qu'il accepte cette capacité, et qu'il peut l'étendre.

Inverser cet ordre revient à laisser le budget matériel décider de l'utilité du dispositif.

Deux points souvent oubliés

La marge d'extension. Un enregistreur rempli à 95 % dès la mise en service ne permet ni d'ajouter une caméra, ni d'augmenter la rétention. Prévoyez de la réserve, en capacité comme en nombre de ports.

La surveillance du stockage. Un disque défaillant ou saturé cesse d'enregistrer sans que personne ne le remarque — jusqu'au jour où l'on cherche une image qui n'existe pas. Vérifier périodiquement que l'enregistrement fonctionne fait partie de l'exploitation, pas de l'installation.

Ce qu'il faut vérifier sur une installation existante

Trois questions suffisent à faire le diagnostic :

  • Jusqu'à quelle date remontent réellement les images aujourd'hui ?
  • Ce délai couvre-t-il votre scénario de constatation le plus long ?
  • Quand a-t-on vérifié pour la dernière fois que toutes les caméras enregistrent effectivement ?

Il n'est pas rare de découvrir qu'une ou deux caméras ont cessé d'enregistrer plusieurs mois auparavant.

À retenir — la durée de rétention n'est pas un réglage, c'est une décision de conception. Elle se prend avant l'achat, à partir de votre délai réel de constatation d'un incident.

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